Nous voilà arrivés au terme de ces dix jours, de formation au cours desquels nous avons eu le privilège d’assister à un véritable ballet de spécialistes, venus de France, du Canada, du Mexique, de Colombie et d’Haïti, apporter le fruit de leurs études, de leurs recherches et de leurs expériences pour renforcer les connaissances et les compétences dans le domaine du droit International des Droits humains, en Haïti. Je suis persuadé que vous autres participants, vous avez mesuré au cours de ces dix jours la chance que vous avez eue de bénéficier de ces multiples éclairages provenant de situations et de pays différents, mais qui concourent tous à rendre plus lumineux le chemin des droits de l’homme, qui apparaît, de plus en plus comme la voie incontournable pour conduire notre humanité vers plus de justice, de paix et de prospérité.

Cette session de formation restera à jamais gravée dans nos mémoires à tous, nous qui y avons pris part à un titre ou à un autre, en tant que professeurs, participants ou facilitateurs. En effet, non seulement nous avons eu l’occasion, le 10 Décembre dernier, de célébrer ensemble le 65ième anniversaire de la Proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, mais nous avons communié avec les hommes et les femmes de bonne volonté de l’ensemble de la planète, pour évoquer la vie, le courage, la détermination et la générosité d’un des plus grands géants de notre histoire contemporaine, je veux parler de Nelson Mandela.

Je suis certain que comme moi, à différents moments de ces derniers jours, à l’évocation du parcours, de l’oeuvre et de la réussite exceptionnelle de Mandela, vous avez senti votre gorge se nouer, vos yeux s’humecter, sous l’effet de l’émotion. 3

En effet, il n’y a pas de plus grande émotion que lorsque des êtres humains qui, aveuglés par leurs préjugés s’ignoraient et se détestaient, finissent par réaliser qu’ils sont frères, qu’ils ont le même créateur, la même destinée et qu’ils sont appelés à s’entendre et à coopérer.

Au cours de cette formation vous avez eu non seulement de brillants professeurs mais aussi l’évocation d’un grand modèle sur lequel vous ranger.

C’est donc pour nous tous, l’occasion encore une fois de remercier l’Institut International des Droits de l’homme de Strasbourg d’avoir organisé et orchestré cette formation. J’ai bien dit orchestrer car pour mettre ensemble, l’Université de Montréal, L’Université de Laval, l’Unicef, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Handicap International, la Croix Rouge, l’OPC, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, il faut bien un certain sens de l’harmonie. Et celle qui a tenu la baguette pour produire cette symphonie, c’était Mme Alexandrina Soldatenko.

Au cours de cette période elle a été tour à tour, téléphoniste, présentatrice, modératrice, technicienne d’appareils de son et de projection, préposée au service des doléances, surveillante, correctrice et calligraphe.

Merci Alexandrina pour toute cette énergie que vous avez dépensée pour la réussite de cette session. Nous vous prions de transmettre au Directeur et au Conseil de l’Institut l’expression de notre entière gratitude.

Merci également au Directeur et à tout le personnel de l’EMA qui ont permis à cette formation de se dérouler dans d’excellentes conditions. 4

Nous sommes également heureux de saluer la présence de Monsieur Bruno ASSERAY, Conseiller à l’Ambassade de France et Chef du Service de Coopération et d’Action Culturelle. Ce programme relève de son service et il a largement contribué à sa réussite.

Merci également à M. Damien Bauchau Responsable du Pôle Gouvernance et le service qui a également piloté le processus.

Merci aux différentes institutions UNICEF, Croix Rouge, Office de la Protection du Citoyen, Universités Canadiennes, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Handicap International, Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme qui ont participé activement à cette formation.

Merci au Ministère de la Justice, aux différentes instances du Pouvoir Judiciaire, à la Presse qui nous soutiennent dans cette démarche.

Merci aux Présidents, Membres du CSPJ, au Bâtonnier de nous honorer de leur présence ce matin

Un remerciement spécial à Mme Lemaire du CSPJ qui nous a gratifiés d’une magistrale conférence, sur le droit de la famille, des femmes et des enfants.

Chers participants, félicitations d’avoir fait le choix de délaisser, un moment vos importantes responsabilités de juges, de professeurs, de commissaires du Gouvernement, d’avocat, de défenseurs des Droits de l’Homme pour venir parfaire votre formation et partager votre expérience avec les autres

Merci également de nous avoir fait confiance. 5

A la séance d’ouverture, je faisais un souhait c’est que vous deveniez désormais des défenseurs intraitables et inconditionnels de ces millions de personnes et de groupes vulnérables qui peuplent notre pays. J’espère que cette transformation est en bonne voie. Je voudrais toutefois vous rappeler que cette mission qui est désormais la vôtre est une véritable lutte. Quand on considère cette merveilleuse aventure des Droits Humains à travers les siècles et mêmes les millénaires, on constate qu’il s’agit d’une lutte jamais interrompue, la lutte des humanistes, la lutte des progressistes, de ceux qui croient dans l’homme, dans sa capacité à se dépasser, à se surpasser, qui croient en sa capacité de faire tomber les barrières érigées sur son passage.

La lutte des Chef d’État comme Cyrus qui a aboli l’esclavage, proclame la tolérance religieuse et la possibilité de choisir sa profession, en Perse, déjà au VI siècle avant Jésus-Christ. La lutte d’homme religieux comme l’Apôtre Paul qui bousculant tous les préjugés de l’époque, a déclaré à l’aube de notre ère : << Il n’y a plus ni Juif, ni grec, ni homme, ni femme, ni esclave, ni homme libre. Nous sommes un en Jésus-Christ.>>

La lutte des philosophes des lumières, Voltaire, Rousseau, Montesquieu, qui ont préparé la voie à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en France.

La lutte d’un Toussaint Louverture qui s’était écrié :<< Ce n’est pas une liberté de circonstance concédée que nous voulons ; c’est l’adoption absolue du principe que tout homme né rouge, noir ou blanc, ne peut être la propriété de son semblable.>>

Toussaint n’était pas seulement un stratège militaire de génie, un grand administrateur, il était aussi un grand humaniste, pleinement conscient du concept de droits humains ; Un droit intrinsèque et inaliénable.

C’est la lutte de René Cassin, fondateur de l’Institut International des Droits de l’Homme de Strasbourg et un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

C’est la lutte de tous ces pionniers contre tous les conservateurs qui veulent défendre leur privilèges, leur domination sur les autres, tous ceux qui érigent des barrières d’Apartheid, des barrières de caste.

C’est à cette lutte que vous êtes conviés aujourd’hui, une lutte, o combien nécessaire dans notre pays, le pays le plus inégalitaire de notre hémisphère, un pays où selon les dernières données disponibles les inégalités ont tendance à s’aggraver plutôt que de se réduire.

Inégalité en termes d’accès à l’éducation, en termes d’accès aux soins de santé, en termes d’accès à la justice et à l’emploi.

Les tensions sociales qui montent aujourd’hui un peu partout dans le pays. Les manifestations qui éclatent et se multiplient, ce ne sont pas simplement l’expression d’un malaise politique conjoncturel, c’est le signe que la situation sociale dans le pays est sérieuse et que nous devons nous mettre résolument au travail. Le signe que nous devons faire vite, pour amener plus d’égalité, plus de justice et plus de respect des droits humains, dans notre pays.

Merci !   

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.