C’est un véritable plaisir pour moi ce matin, de vous souhaiter la bienvenue au nom de l’OCID à ce séminaire de consultation sur la réforme du système électoral haïtien. Dès sa création en 2015, l’Observatoire Citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie a consacré le plus clair de ses énergies à la question électorale, soit pour observer les élections et apporter au peuple haïtien un regard scientifique et objectif sur le déroulement du processus électoral, soit pour réfléchir sur notre système électoral en vue de contribuer à son amélioration et à son adaptation aux réalités haïtiennes. Ce faisant, l’OCID reste fidèle à sa mission qui est de promouvoir la participation de la société civile haïtienne au renforcement de la gouvernance démocratique. En effet, parmi les quatre domaines d’intervention de l’OCID, trois sont étroitement liés aux élections. 1 Le premier domaine à savoir le Monitoring de la participation citoyenne est en relation directe avec les élections. En effet, la finalité de l’observation électorale ou de la réforme du système électoral, c’est de renforcer la confiance du citoyen et de la citoyenne dans le processus électoral et partant de les encourager à y participer. Le second domaine d’intervention de l’OCID à savoir le suivi des institutions et des processus politiques nous conduit nécessairement à nous pencher sur l’un des processus politiques les plus importants, à savoir les élections. Enfin le troisième domaine d’intervention de l’OCID, c’est la compétition politique qui trouve son moment fort dans la tenue des élections. Cette focalisation de l’OCID sur la question électorale est donc une conséquence directe de sa mission. En ce sens, c’est l’occasion pour nous de dire un mot spécial de remerciement à notre principal partenaire dans ce domaine, le National Democratic Institute (NDI), qui depuis la création de l’OCID lui a apporté assistance technique et financière dans la réalisation de ces différentes activités y compris le séminaire de ce jour. Aussi voudrais-je saluer de façon spéciale, la présence parmi nous de Mme Marie-Eve Bilodeau, la nouvelle directrice du NDI à Port-au-Prince, dont le dynamisme et l’expérience représentent de véritables atouts pour la contribution du NDI, au renforcement de la démocratie dans notre pays. Dans ces propos de remerciements nous ne saurions passer sous silence l’USAID qui, à travers NDI, apporte à l’OCID un appui financier pour ce travail de réflexion et de consultation sur la réforme électorale ainsi que pour un suivi du travail du parlement. Rappelons brièvement les différentes étapes de cette réflexion de l’OCID sur le système électoral haïtien. En avril 2016, l’OCID a produit un ensemble de propositions pour la réforme du système, à partir de sa propre expérience et de quelques recommandations glanées à travers le pays. Plusieurs de ces recommandations ont été d’ailleurs appliquées par l’actuel CEP lors des toutes dernières élections. En août 2017 ici même à l’Hôtel le Plaza, nous avons soumis ces propositions à un public de citoyens de différents horizons intéressés à la question électorale qui les ont examinées et en ont fait une sélection afin de déterminer celle qui paraissaient les plus facilement applicables dans le contexte haïtien. Cette sélection consignée dans le rapport de l’Atelier d’Août 2 2017 représente une source d’indications précieuses pour l’institution électorale dans le cadre d’une démarche de réforme électorale. Le premier document de l’OCID s’était limité à un certain nombre de problèmes relatifs au cadre normatif, à l’appareil électoral et aux procédures. L’OCID a voulu aller plus loin et essayer de faire un travail plus systématique. C’est ainsi qu’elle a constitué au début de 2018, un groupe consultatif de 18 personnalités issues de différents secteurs de la société haïtienne qui a tenu sept séances de travail totalisant près de 35 heures pour tenter de faire un relevé des problèmes perçus dans notre système électoral. Parmi ces personnalités se trouvaient deux anciens conseillers électoraux, Mme Ginette Chérubin et M Ricardo Augustin dont nous saluons la présence parmi nous ce matin. Pour nous aider dans ce travail de bénédiction, nous avons eu l’appui aussi du Professeur Fritz Dorvillier qui non seulement a recueilli les problèmes indiqués et les solutions proposées par les uns et les autres, mais a pu apporter un éclairage politique et juridique pour assurer une certaine pertinence au travail. C’est ici l’occasion pour moi de remercier le Professeur Dorvilier pour ce travail fastidieux qu’il a accompli avec tout le professionnalisme qu’on lui connait. Tous nos remerciements aux membres du groupe consultatif qui, par patriotisme ont abandonné leur occupation professionnelle pour accomplir bénévolement ce devoir civique. Je dois avouer que l’intérêt et l’engagement qu’ils ont manifestés durant ces nombreuses heures ont représenté pour moi une raison supplémentaire de croire au relèvement de notre pays. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers concitoyens, chères concitoyennes, aujourd’hui c’est votre tour d’apporter votre pierre à cette proposition de réforme. En effet, vous n’êtes pas là seulement pour écouter la présentation d’un document, vous serez mis également à contribution durant les ateliers qui porteront sur les différents segments du document, vous pourrez choisir la composante qui correspond le mieux à vos intérêts et à vos compétences Dispositifs Pratiques, Acteurs ou Normes 3 Quant à vous amis d’Haïti qui nous accompagnez dans ce processus, si vous êtes là c’est parce que vous aimez ce pays et vous voulez contribuer à son développement politique, social et économique. Vous pourrez aussi apporter votre contribution. Une fois le travail terminé aujourd’hui, l’OCID placera le document sur son site facebook pour recueillir commentaires et contributions d’autres citoyens. Nous organiserons ensuite 4 séminaires au Cap, aux Cayes, aux Gonaïves et à Jérémie pour permettre aux autres régions du pays de participer à ce konbit national pour la réforme de notre système électoral. Je m’en voudrais de terminer ces propos sans mentionner que le CEP nous a reçus pour une présentation d’une version préliminaire de ce document et a promis d’en tenir compte dans son propre processus de réflexion sur la nouvelle loi électorale. Merci à vous tous pour votre soutien et votre présence encourageante. Le salut du pays est dans la concertation et le dialogue. Pendant deux cent quatorze ans, nous avons privilégié la confrontation, le conflit, l’intolérance qui ont débouché régulièrement sur la violence, l’exclusion de l’autre et des inimitiés fratricides. Le résultat, nous le constatons avec tristesse, un pays exsangue, qui pousse une grande partie de sa jeunesse à s’expatrier pour aller rejoindre 85% de nos ressources qualifiées dans une diaspora désormais multinationale. Un pays qui ne produit presque plus rien alors qu’il dispose d’un énorme potentiel, tant au niveau de son sous-sol que de sa nature, de sa culture et de son histoire. Aujourd’hui, il est temps d’essayer le dialogue, la concertation, les échanges dans la tolérance, le respect mutuel, l’acceptation des différences, la prise en compte des intérêts divergents. C’est à un exercice de ce genre que nous vous convions aujourd’hui. Ce sera une étape décisive dans le processus de consultation. Notre espoir c’est que l’étape numérique avec la page facebook et l’étape régionale avec les séminaires qui vont suivre seront aussi fructueuses et que le résultat final à savoir une proposition de réforme électorale reflètera les différentes sensibilités du pays, sera consensuelle, facilement opérationnelle et représentera un apport non négligeable au renforcement de notre démocratie.
