- Monsieur le Représentant Premier Ministre et du Ministre de la Planification et de la Coopération Externe
- Monsieur le Représentant du ministre de l’Économie et des Finances,
- Messieurs les Ministres, Cadres du Gouvernement,
- Honorables Parlementaires,
- Mesdames, Messieurs les Membres du Corps Diplomatique,
- Représentants des Agences de Coopération et des Organisations Nationales et Internationales,
- Monsieur le Chef des Opérations de la BID,
- Chers Collègues du CONSOC,
- Mesdames, Messieurs,
Je suis particulièrement heureux de vous souhaiter la bienvenue à ce deuxième événement annuel organisé par le CONSOC, Conseil Consultatif de la Société Civile auprès de la Banque Interaméricaine de Développement. Souffrez que je rappelle brièvement que le CONSOC est un regroupement d’une vingtaine d’organisations de la société civile haïtienne oeuvrant dans différentes sphères d’activités : Culture, Économie, Agriculture, Promotion de la cause féminine, Civisme, Santé, Éducation, Eau potable etc. Cette structure que l’on retrouve dans tous les pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine où se trouve un bureau de la BID, se propose de contribuer à améliorer l’efficience, l’efficacité et l’impact des interventions de la Banque sur le développement social et économique du pays. Elle vise également à faciliter le dialogue entre la Banque et la société civile en vue de favoriser la compréhension mutuelle et une coopération dynamique.
Je saisis encore une fois cette occasion afin de rendre hommage à la BID pour l’intérêt qu’elle accorde à la société civile, pour ses efforts en vue d’associer les acteurs non étatiques à toutes ses démarches et à en faire un véritable interlocuteur dans le développement.
Cet intérêt ne se manifeste pas seulement au niveau du bureau national mais également au niveau du siège central à Washington, comme l’atteste la présence parmi nous ce matin de Mme Flavia Milano qui a fait le voyage depuis Washington, spécialement pour participer à cette journée de réflexion. Mme Milano, acceptez nos plus sincères remerciements pour cette manifestation d’intérêt et veuillez transmettre également nos remerciements à toute l’équipe qui travaille au bureau du Vice-Président Robert Vellutini pour soutenir les CONSOCs de la région.
Je profite de l’occasion pour remercier également M. Gille Damais, Chef des Opérations à la BID, qui nous a toujours accompagné dans nos démarches et qui n’a pas marchandé ses efforts pour rendre possible ce colloque.
Nous remercions également la Primature, le Ministère de l’Économie et des Finances, le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe de participer activement à cet exercice.
Merci aux différentes Agences de Coopération, particulièrement au G-12 qui acceptent d’apporter leur contribution à cet échange.
Nos remerciements vont également aux représentants des autres ministères et des organisations nationales et internationales qui sont venus réfléchir avec nous.
Mesdames, Messieurs, le thème autour duquel s’organise l’Atelier de ce jour est loin d’être banal.
<< Efficacité de l’Aide Externe en Haïti / Le cas de la BID>>
En effet la question de l’efficacité de l’aide est un sujet extrêmement complexe qui fait l’objet de nombreuses études, les unes plus savantes que les autres, qui a réuni des experts internationaux dans le cadre de Forum de haut niveau, que ce soit à Monterry, à Rome, Paris, Accra ou plus récemment à Busan.
Si à cela on ajoute qu’on aborde ce thème déjà complexe en soi, dans le cadre d’un pays comme le notre, qui est loin d’être simple, vous admettrez avec moi que nous nous sommes lancés dans une véritable gageure. Nous en sommes conscients et n’avons nullement la prétention de poser un diagnostic infaillible ni d’apporter des solutions définitives aux problèmes de pauvreté et de sous-développement de notre pays. Nous venons modestement apporter notre contribution à une réflexion commune sur un problème national, un problème qui nous préoccupe, un problème douloureux aussi, celui de voir notre pays, le seul P.M.A. de la région, marquer le pas, tourner en rond, quand il ne recule pas sur le plan économique, malgré les perfusions répétées qu’il reçoit de l’aide internationale.
Lundi soir, j’ai lu dans le Nouvelliste du Week-end, un article intitulé : Les Francophonies en Limousin. Yanick Lahens et Guy Régis en ont marre.
Cet article, sous la plume de Peggy Pierre nous parle de ces deux talentueux écrivains haïtiens ; la romancière Yanick Lahens et le dramaturge Guy Régis qui se sont retrouvés récemment en France, à Limoges dans le cadre du festival des Francophonies. Cette année, les organisateurs avaient décidé de faire un focus sur Haïti. Les sous-thèmes sur lesquels ces écrivains ont été invités à parler c’était par exemple : Haïti, l’aventure ambiguë ! Haïti, quel avenir après deux siècles d’indépendance. Quelle histoire, quelle société a continué à se tramer à travers le temps. >>
Voilà sur quoi les écrivains devaient parler. Et alors ils ont dit leur douleur, ils ont dit leur ras le bol, ils ont confessé leur fatigue. Tout simplement parce que ce sujet est douloureux. Cela fait mal aux haïtiens de parler de la pauvreté, de la misère et du sous-développement de leur pays.
Et quand ce n’est pas à Limoges qu’on nous oblige à regarder en face nos dures réalités, c’est la cour constitutionnelle du pays voisin qui nous assène une gifle par le traitement injuste qu’elle réserve à nos congénères.
Tout ceci, c’est pour dire, Mesdames, Messieurs que la question de l’efficacité de l’aide en Haïti, la question du sous-développement haïtien ce n’est pas une simple question académique pour développement savant, c’est une question existentielle qui nous prend à la gorge et qui nous prend aux tripes. Aussi devons-nous lui accorder notre meilleure attention.
Au moment de la formation du CONSOC ici en Haïti, nous avons tout de suite constitué les groupes thématiques pour examiner les projets du gouvernement financés par la BID. 5 groupes ont été constitués en fonction des principaux domaines d’intervention de la Banque.
Éducation, Énergie et Infrastructures, Eau et Assainissement, Agriculture et Environnement, Secteur Privé et un sixième groupe désigné sous le nom de Transversal destiné à repérer les problèmes communs aux différents secteurs. Ces groupes ont travaillé et ce matin, M. Henriot Nader, l’un des membres du CONSOC vous présentera leurs constats et leurs recommandations.
Par ailleurs, pour préparer ce colloque, avec l’appui de la BID, nous avons commandité une étude sur l’efficacité de l’aide en Haïti conduite par M Georges Merisier dont M. Raymond Noel vous présentera quelques-unes des conclusions.
Nous espérons vivement que toutes ces démarches ne seront pas menées en vain. Nous espérons que cet atelier ne sera pas un colloque de plus, un simple exercice intellectuel. Nous souhaitons que cet échange entre partenaires : gouvernement, agences de coopération, société civile sera marqué au coin de la franchise et de la sincérité, que ce ne sera pas l’occasion ni de se dédouaner, ni d’émettre des voeux pieux et encore moins de jeter la pierre à l’autre.
Notre souhait le plus cher c’est que ce dialogue tripartite ; gouvernement, communauté internationale et société civile s’étende, s’approfondisse et se maintienne pour que nous puissions dans un avenir pas trop lointain, constater l’efficacité de l’aide externe faille à travers une augmentation substantielle de la production haïtienne, un accroissement des investissements nationaux et étrangers, des flux commerciaux internes et externes, à travers une création de richesse dans les 10 départements du pays, tout ceci, grâce à une planification participative et sans faille, grâce à une gestion rigoureuse des programmes et des projets tant au point de vue des finances que de l’exécution.
Notre espoir en organisant ce colloque, c’est qu’à la fin de la journée, nous sortirons avec le sentiment que nous portons une responsabilité mutuelle d’atteindre une efficacité optimale de l’aide externe à Haïti et que nous aurons pris un engagement mutuel, celui de travailler à la réduction de la pauvreté et à la relance de la croissance dans ce pays, qui mérite bien mieux que son sort actuel.
