L’INITIATIVE DE LA SOCIETE CIVILE observe avec beaucoup de préoccupations, l’évolution de la situation sécuritaire et socio-politique du pays, depuis la prise de fonction du Conseil Présidentiel de Transition et du Gouvernement, dirigé par le Premier-Ministre Garry Conille.
Sur le plan sécuritaire, c’est une évidence que l’invitation du Premier Ministre aux bandits de déposer les armes et de reconnaitre l’autorité de l’Etat a été ignorée. Bien au contraire, les Gangs, malgré les pertes enregistrées, s’organisent pour résister et faire face aux interventions des forces nationales et multinationales conjuguées. Ils s’attaquent même au cortège des plus hautes autorités de l’Etat. Ils ne semblent avoir aucun mal à recruter et à s’approvisionner en armes et en minutions. Le crime organisé national et international est déterminé à maintenir Haïti dans un statut d’Etat faible et chaotique, incapable de protéger sa population et de lui fournir les services les plus élémentaires tels que la sécurité, la santé, l’éducation, ou même la possibilité de survivre. Les criminels s’organisent pour continuer à utiliser notre pays comme un espace d’opération et de transit pour leurs trafics de toutes sortes. Les dirigeants actuels ainsi que la communauté internationale, qui apporte son appui, doivent prendre la mesure du danger, qui menace le pays et la région. Leurs efforts doivent être à la hauteur de leurs responsabilités et du défi actuel, tant en termes de financement, d’effectifs, d’équipements, de munitions et d’expertise. Les troupes et le matériel en place ne peuvent suffire. De plus, la mise en place du Conseil National de Sécurité est une nécessité.
Entretemps, des accusations sont proférées contre certains de nos dirigeants, qui loin de prendre conscience de la gravité de la situation, semblent, continuer les pratiques criminelles de corruption, qui ont affaibli l’Etat et causé tant de mal à la population. Sous prétexte de présomption d’innocence, nous ne pouvons banaliser cette question de versement de pots de vin, pour l’octroi de postes. Des enquêtes célères doivent être menées pour établir la vérité, appliquer les sanctions qui s’imposent, tracer des exemples et s’assurer que nous avons au niveau de l’Exécutif, des personnalités intègres et responsables, capables de conduire le pays vers un climat de sérénité propice à des élections honnêtes et crédibles, seul moyen de garantir au pays un avenir politique stable et un développement durable.
Par ailleurs, l’Exécutif doit, dans le plus bref délai, enclencher le processus de mise en place de l’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale, afin de permettre aux différents secteurs de la société de choisir des personnalités crédibles, compétentes et expérimentées, pour superviser l’action du Gouvernement. Si ce mécanisme de contrôle n’est pas institué, c’est
que les dirigeants actuels veulent perpétuer le régime de gabegie et de corruption contre lequel, le peuple haïtien s’est révolté.
